De Kuching à Lubok Kasai et retour

March 8, 2017 - Malaisie - Kuching | Aucun commentaire »

Jour 1

Ce matin, départ 8h de la guesthouse Marco Polo à Kuching. Un super plan que je recommande à quiconque veut se sentir chez soi dans la jolie et tranquille capitale du Sarawak : https://www.tripadvisor.com/Hotel_Review-g298309-d1917061-Reviews-Marco_Polo_s_Travellers-Kuching_Sarawak.html

Comme nous y reviendrons au retour de la jungle, nous y laissons d’ailleurs un volume important de bagages, afin de s’alléger au maximum, notamment du matériel scolaire et technologique (inutile en forêt).

 

Paul, qui est un Orangulu natif, vient nous chercher. Il va être notre guide pendant quelques jours. Puis c’est le trajet. Evidemment, le prix à payer pour s’enfoncer profondément dans la nature équatoriale, c’est la longueur de la route. Environ 5h de voiture avec notre barda et les provisions pour les prochains jours. En route, on voit la ville céder la place à la campagne, aux exploitations agricoles, puis à la forêt et aux montagnes… et aux exploitations extensives de palmier à huile.

C’est enfin le barrage de Batang Ai, et son lac artificiel. Là, nous embarquons avec tout notre matos sur une pirogue (qui s’appelle ici « longboat » mais c’est la même), avec un piroguier iban du nom de Jugat, qui jure comme un charretier dans un anglais à faire blêmir. Avec lui nous traversons d’abord le lac, puis remontons la rivière Batang Ai jusqu’à l’école de cambrousse.

Là, nous suivons l’embranchement et remontons la rivière Delok. En tout, 1h30 de pirogue plus tard, en nous enfonçant toujours plus dans la jungle et contre le courant, nous rallions la Longhouse de Nanga Supa. Une Longhous, c’est tout à la fois un bâtiment, un mode de vie et un village iban. Les Ibans vivent en communauté, dans une unique maison où chaque famille occupe une chambre, et où toutes les chambres se succèdent en enfilade. Elles donnent toutes sur la gigantesque terrasse commune de cette construction sur pilotis, longue de plus de 50 mètres. La cuisine commune est généralement  séparée. La Longhouse désigne donc aussi la communauté, et par extension le village.


A Nanga Supa, nous nous installons en théorie pour deux nuits dans une lodge construite par les Ibans en bordure de rivière. Plutôt confortable pour l’endroit. Nous avons une chambre pour 3 avec des vrais lits et une salle de bains privative (à l’eau froide, mais quand même !). Le village est alimenté par un générateur électrique, allumé de 18h (aux environs du crépuscule équatorial) à 22h (aux environs du coucher pour ces populations lève tôt). Sinon pas d’électricité. Les Ibans nous préparent à dîner, et Paul nous informe que nous allons devoir changer un peu le programme. Pour poursuivre notre chemin vers le camp de Lubok Kasai deux jours plus tard, nous aurons besoin de 3 Ibans avec nous : guide, piroguier, aide logistique. Seulement voilà : le lendemain, la Longhouse va accueillir un des siens, mourant, qui revient vers la communauté pour y mourir. Le rituel funéraire et le deuil ibans rendent préférable que nous ne soyons pas là au moment du décès, et pourraient nous priver de la disponibilité des Ibans dont nous avons besoin pour la suite. Paul décide donc que nous partirons dès le lendemain pour le camp, quitte à revenir à la Longhouse sur le chemin du retour.

Pour ceux que ça branche, j’en profite pour ajouter que les Ibans sont les tribus natives animistes de Bornéo. On les trouve au Sarawak, au Sabah, et dans le Kalimantan indonésien, où ils sont fondus dans une population plus générale appelée Dayaks. Les Ibans sont les anciens chasseurs de tête de certaine notoriété. Pour autant, nous n’allions pas en quête de pagnes et sarbacanes. Les ibans sont des pêcheurs/piroguiers/guides/cultivateurs/etc/ Leurs enfants ont des maillots de foot aux couleurs du barça (sans avoir la TV), mais ils savent recueillir et reconnaître toutes les plantes de la forêt. Bref.

Après dîner, nous nous rendons avec Paul sur la terrasse de la Longhouse, où progressivement les Ibans sortent après dîner. Ils ne le font pas toujours, mais au moins une fois par semaine pour leur réunion hebdomadaire. C’est précisément le cas ce soir là. Nous sommes très gentiment accueillis par tous et j’ai droit à plusieurs verres de vin de riz. On nous présente. Puis la réunion commence. Elle nous sera expliquée en détails le lendemain seulement, car nous irons nous coucher avant la fin. Nous avons seulement pu voir et comprendre que le sujet du soir ne faisait guère débat, que les femmes (pourtant présentes) ne participent guère à la discussion, et que le chef signe avec l’assentiment général une lettre en plusieurs exemplaires amenée par les guides (qui sont un vecteur privilégié – et de confiance - de communication des Ibans avec le reste du monde).

En fait, cette lettre est une proposition du ministère de la forêt malais, qui cherche à développer la ressource en poissons des rivières du Sarawak tout en freinant la déforestation au profit du palmier à huile. Il propose aux Ibans de gérer des réserves de pêche, après réintroduction d’espèces. Cela suppose bien sûr une auto-limitation de la pêche iban, mais garantit la perpétuation des espèces et avec elle la stabilisation d’une des sources de revenus ibans. En outre, pour faciliter l’accord, le gouvernement du Sarawak offre aussi à la Longhouse de l’essence pour un an (pour l’école et « l’hopital » de cambrousse), ainsi que la charpente et la toiture métalliques de leur nouvelle cuisine (la précédente a brûlé). En réalité, cet accord vise aussi à permettre aux Ibans de continuer à être les gestionnaires naturels de la forêt primaire, tout en les dissuadant de tomber dans la culture du palmier à huile. En effet, depuis que nous pris la pirogue au barrage de Batang Ai, nous avons quelques cultures de caoutchouc, d’arbre à papier et – bien sûr – de riz, mais aucune palmeraie. Mais les Ibans ont aussi besoin de revenus, car ce sont des communautés très pauvres et la pirogue est leur unique moyen de communication. L’accord proposé cherche donc une solution profitable à tous et à la forêt. Le chef a signé sous nos yeux ces lettres (et la sortie solennelle du sac contenant le tampon officiel de la communauté est assez savoureuse en ces temps de campagne électorale en France…).

Jour 2

Levés à 6h30, notre journée commence par un premier trek de 2 heures dans la moiteur de la jungle touffue depuis le lodge. Une marche assez difficile, toute en déclivités et avec un sol traître et glissant. Nous voyons quelques anciens nids d’orang-outang (qui est un nomade), mais rien de plus croustillant.

 

Puis un petit déjeuner bienvenu et à nouveau la pirogue pour remonter encore plus loin la Delok, jusqu’au campement de Lubok Kasai. Le courant est maintenant assez fort et de nombreuses fois il faut manœuvrer à la main, lorsque nous nous échouons sur les hauts fonds. En chemin, nous nous arrêtons pour que les Ibans tranchent des bambous.

C’est que nous allons pique-niquer sur la rivière. Et en fait de pique-nique, c’est un repas traditionnel, au « barbecue » et cuit dans le bambou : riz gluant, légumes, poulet au gingembre. Avec quelques grillades en primes. Un vrai festin, à proximité d’une charmante cascade. Et rien de tout cela n’est préparé : tout le sera en bord de rivière par les Ibans et Lucie et Manon. La cuisine dans du bambou, voilà un truc qu’on n’avait pas spécialement pensé apprendre ici ! Super technique !


Puis nous repartons. La pluie cesse un peu et Paul décide que nous finirons le chemin à pied, tandis que la pirogue partira devant au campement. On enfile donc nos baskets et nous revoilà partis en jungle, avec ses odeurs et couleurs, ses arbres colossaux et ses fourmis géantes qui font peur à Manon.

Là, assez rapidement, les choses se précisent. Les nids sont frais (encore verts). Sur le bord des chemins, on voit des plantes brisées et la chair des tiges en a été rongée par un orang-outang en quête de sève. Tout cela est encore frais. Plus loin, on entend les premiers cris d’orang-outang. On avance alors doucement, sans bruit, en guettant les signes. Et puis, d’un coup, on en voit un, petit, s’enfuir en grimpant à un arbre. Puis un autre beaucoup plus gros. Une fois à une quinzaine de mètres de hauteur, ils ne bougent plus, sauf pour casser des branches et se balancer. Nous pouvons alors les observer tout à loisir et les écouter. Les filmer aussi sans difficulté. Ce sont, en fait, une mère, son petit déjà grand, et un tout bébé accroché à elle. Elle est très puissante, comme on le voit quand elle brise des branchages. Le petit, lui, semble curieux et on le voit parfois sucer son pouce. On les entend communiquer et nous sommes ébahis et excités.


De nombreuses photos plus tard, nous repartons et arrivons au campement 20 minutes après. Ils ne sont pas très éloignés en fait. Et on peut dire que ça y est : on les a vus. Pas en réserve mais dans leur milieu naturel.

Au campement, tout est rustique et basique. De bois assemblé dans la forêt. Des matelas au sol, des moustiquaires suspendues, des bougies, et la rivière qui coule là. D’ailleurs, on s’y lave avec bonheur les filles et moi, après nos marches du jour (et avec prudence aussi vu le courant, qui ne rigole pas). Quelques parties de jeux plus tard, nous discutons avec nos accompagnateurs : Paul, bien sûr, et les Ibans Narang (le piroguier) et Rantau et Dari qui aide à la logistique. Dari est la femme de notre premier piroguier Jugat. Ils sont très gentils tous les quatre. Le dîner est simple mais bon. On mange au coucher du soleil, vers 19h et vers 20h15 c’est le coucher. Les jambes fatiguées, les yeux remplis, et la perspective d’une nouvelle journée de balade à suivre.

A cet instant, je me sens très très chanceux d’être là avec mes deux filles, au milieu d’une île encore sauvage, dans une forêt équatoriale comme je les aime et avec le premier commerce à … ben je sais pas ! mais loin en tout cas ! La nuit tombée, les bruits de la jungle nous enveloppent et, mis à part le manque de lumière pour bouquiner, les filles semblent le vivre le plus naturellement du monde.

 

Jour 3

Réveil bien matinal dans la jungle. Petit déjeuner simple. Et c'est parti en quête des orang-outangs. Cette fois nous allons franchir la rivière et tenter notre chance de l'autre côté. C'est un trek de 4h pour lequel nous partons dans une forêt glissante avec des successions de montées escarpees et de descentes dangereuses. En chemin, nous voyons plusieurs nids et aussi des écureuils mais pas de grand singe roux.

Au bout de deux heures, nous faisons une pause de 10 minutes car nous sommes déjà bien uses par la marche, les glissades la chaleur et la moiteur de l'air. Tout le monde à déjà chute une fois mais sans gravité. En réalité, il apparaît que La piste en boucle va nous prendre plutot 5 à 6 heures.

Mais La forêt est belle et agréable à voir. Surtout : il ne pleut pas, notamment pas les hallebardes qui sont tombées La nuit précédente. La redescendre vers la rivière est plus rapide mais aussi plus dangereuse et de nouvelles glissades sont au programme. Finalement, après avoir de nouveau traversé dans le courant (en veillant sur Manon qui lutte pour ne pas être emportée par le courant ), nous attaquons les dernières 20 Minutes de marche pour rentrer au camp. Le flanc de colline est bien traitre et c'est la que je glisse par deux fois  La deuxième fois, je sens que je suis mal tombé.

De retour au camp, déjeuner tardif et relax tout l'après midi avec nouvelle baignade dans la rivière.

 

Jour 4

Hélas, au réveil, mon épaule gauche me fait beaucoup souffrir ( du reste elle m'a empêché de dormir). Il va falloir aménager le programme. Nous décidons de repartir vers Nanga Supa en suivant La même piste qu'à l'aller, La pirogue venant nous chercher à son extrémité pour ensuite descendre La rivière.

Avec anti-inflammatoire et Bras en écharpe maintenu par le sac à dos,  nous faisons ce chemin inverse sans encombre, mais sans revoir nos orangs-outans de l'avant veille. La pirogue est bien au rendez vous et nous descendons ensuite Le courant pour nous arrêter en amont de la Longhouse. Là, nous débarquons à nouveau pour finir le chemin à pied dans un nouveau trek encore inexploré.

Nous voyons des nids mais à nouveau aucun orang-outang. Arrives sans encombre au lodge pour le déjeuner, nous essayons de nous détendre le reste de la journée avec les Ibans.

 

Jour 5

En dépit des anti-inflammatoires, La douleur est plus aiguë au réveil que La veille. Et malheureusement, compte tenu de la suite des voyages, nous décidons de quitter les Ibans prématurément pour que je puisse consulter à Kuching au plus vite et faire une radio.

 

Nous repartons en pirogue vers Batang Ai et la route vers Kuching. Je suis bien dégouté et les Filles sont déçues aussi. Comme une malédiction plane sur ce séjour à Bornéo mais au final, comme Paul Le rappelle plusieurs fois, nous avons été extrêmement chanceux de pouvoir approcher des orang-outangs dans leur milieu sauvage naturel. Donc difficile de parler de malchance...

 


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Manon


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